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EscapadeS

On the Rhône (sud) again, again...

25 Janvier 2015, 22:51pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Après une édition nord-sud, place à une thématique méridionale, géographiquement parlant, sur le Rhône.

XIIIème édition du cercle LPV BzH consacrée aux vins nés dans le sud de "l'appellation Rhône".

Nous sommes une bonne dizaine à nous retrouver au sein d'Un Midi Dans les Vignes à Rennes, pour plancher sur ce coin "chaleureux" (en degrés d'alcool contenus dans les bouteilles) de l'appellation .

Le planning familial ayant peu la mainmise sur la régulation des naissances au sein du cercle, un de nos membres actifs (n'y voyez aucune allusion DSKienne) fête, pour commencer la session, la naissance de son petit Raphaël avec :

Champagne Fleury - Cépages blancs - Extra Brut 2005

Champagne Fleury - Cépages blancs - Extra Brut 2005

Joli cordon de bulles fines, à l'expression finement oxydative, pour un vin très vif, ample, épicé, ramassé comme un rugbyman dans la mêlée, droit et net, à l'amertume dominante au fil des gorgées. ***

Puis nous attaquons le coeur du sujet, dont voici le résumé télégraphique entre 2 bouchées et 3 gorgées.

Terre des Chardons - Clairette de Bellegarde 2010 / Calamars - velouté moules au curryTerre des Chardons - Clairette de Bellegarde 2010 / Calamars - velouté moules au curry

Terre des Chardons - Clairette de Bellegarde 2010 / Calamars - velouté moules au curry

Nez marqué de berlingot, forcément sudiste (vu que la thématique est un poil connue), à l'attaque tout en retenue, discrètement épicée, avec une impression de "fermeture", sur un fil éthéré, à l'amertume un poil "vulgaire". **

On the Rhône (sud) again, again...On the Rhône (sud) again, again...On the Rhône (sud) again, again...

Domaine des Tours - Vin de Pays du Vaucluse 2006 :

"Boisé" élégant, impression de puissance au nez sur une base de fruits jaunes dominants. Matière noble, à l'expression "mycologique" tonitruante, aux amers vibrants, à la finale très élégante. ***/***(*)


Château des Tours - Côtes-du-Rhône 2007 :

Nez complexe, presque hypnotisant, quand la bouche se fait suave, ample à l'outrageante dominance de l'anis jusqu'à la finale. Très joli vin encore une fois de la "Team Reynaud" ***(*)


Domaine de Marcoux - Châteauneuf-du-Pape 2004 :

Nez quasi muet, avec quelques soupirs de poivre blanc. Une fine pointe sucrée en attaque, quand la matière délivre fraîcheur, amplitude et longueur quasi surnaturelles. Une forte impression de crayeux s'installe sur les dernières gorgées. Grand vin !! ***(*)/****

On the Rhône (sud) again, again...On the Rhône (sud) again, again...On the Rhône (sud) again, again...

Côtes-du-Rhône - Domaine de la Roche Buissière - Le Claux 2010 :

Le tant redouté syndrome de "la bouteille qui goûte toujours bien... et qui est daubée ce jour-là" me frappe enfin avec ce premier rouge à la robe trouble et inquiétante, qui "syrahte" (10%) gentiment, à l'acidulé agressif, loin de l'expression splendide croisée lors des 4 ou 5 rencontres précédentes. Je crucifie "mon" vin par un laconique "barré" sans appel, provoquant une échappée dans la médiocrité difficile à remonter. 0


Vacqueyras - Domaine le Sang des Cailloux - Cuvée de Lopy Vieilles Vignes 2010 :

Bois et terre humide signent le nez un poil caramélisé de ce vin aux accents métalliques, à la fraîcheur et aux épices toniques, qui donnent un bel équilibre à l'ensemble. ***


Côtes-du-Rhône Villages - Vieilles Vignes 2007 -Tardieu-Laurent :

Orange sanguine et "boisé à la bordelaise l'italienne" ouvrent la route à une matière exotique (j'ai pensé à un nebbiolo "bien élevé"), au végétal "noble", à l'acidité élevée, à la sucrosité fatigante d'un vin archi-boisé au mobilier trop nombreux pour moi. **


Côtes-du-Rhône - Clos des Cimes - La Clé des Champs 2013 :

Figue intense, syrah ostentatoire, finesse potentielle en générique, quand la bouche offre un côté asséchant rédhibitoire, sur un fil d'amertume "borderline". Expression courte et simpliste. *(*)

On the Rhône (sud) again, again...On the Rhône (sud) again, again...On the Rhône (sud) again, again...On the Rhône (sud) again, again...

Lirac - Domaine de la Mordorée - Dame Rousse 2009 :

Crème de mûres "old school", lait caillé pour démarrer, quand la bouche s'avère asséchante, aux amers désagréables, au plaisir aussi limité qu'une chanson de Lou Doillon en live. *


Vin de France - Gaec Henri Bonneau et fils - L.09 12-07.05 :

Le plus joli nez de la série des rouges... qui truffe agréablement, aux notes orientales, à l'attaque vive, immédiatement élégante, fraîche, mêlant sans vulgarité noyau de cerise et champignons. Déroulé classieux, presque giboyeux par moments. Très beau vin !! ***(*)/****


Châteauneuf-du-Pape - Domaine Charvin 2008 :

Nez "végétal", typé "vendange entière", plein, puissant, virant "cacao", à l'entame fraîche, sur la fraise écrasée puissante, à la finesse extravertie, mais à l'amertume "décalée". Dommage.

**(*)/***


Côtes-du-Rhône Villages - Domaine Richaud - Ebrescade 2009 :

Joli nez de rafle, plein, puissant, quasi trop !! Puissance qui se confirme en bouche, à l'expression poivrée intense, à ne pas laisser seul sans surveillance. Amertume finale "too much" pour moi... **

Hermitage - Maison Lombard - J&E Montagnon - 2010 (blanc) :

Sur le dessert, nez de poire intense qui vire à l'amande fraîche en bouche. C'est net, bon, peu complexe, mais efficace. Après, pour quasiment 50 balles, on attend un peu plus de "grandeur". ***

Beaumes-de-Venise - Le Paradou 2010 - Jaboulet Ainé :

Nez atone, à l'expression guère plus vivace en bouche, hormis en finale, où les amers labourent le palais avec la finesse d'un tractopelle dans un service de néonatalité. *

On the Rhône (sud) again, again...On the Rhône (sud) again, again...

Le tout sur la (toujours) généreuse cuisine de Maïté Ligeron, dont les 2 services de sa "daube provençale - cacao - écorces d'orange" a fait des merveilles sur quelques-uns des plus jolis rouges de la session.

En conclusion, les blancs ,dont j'attendais peu dans ce coin-là, ont "explosé" tous mes pronostics en terme de bonne tenue.

Des rouges qui ont souffert un poil la comparaison pour le coup, dont Bonneau sort, pour moi, largement en tête.

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Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

22 Janvier 2015, 21:30pm

Publié par Docadn

Bonjour,

J'ai consacré une grande partie de ce foutoir, en 2014, aux parties solides.

J'ai un camion d'alibis pour le "justifier"... le plus simple étant d'avouer la grosse fatigue qui m'habite désormais quand j'aborde, par écrit, la partie liquide.

Lassitude causée par un manque flagrant d'imagination (et de talent), pour sortir du "compte-rendu clinique" que j'applique à chaque dégustation.

Si j'aime lire chez les autres ces descriptions analytiques, j'ai personnellement de plus en plus de mal à les coucher sur mon clavier.

Le meilleur contre exemple étant le dernier !! Si j'ai écrit sur le rhum avec "l'enthousiasme" d'un puceau qui vient enfin de tirer son premier coup tremper son boudoir dans le café, je reste dans les carcans du CR bacchique !!

Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

Mais foin d'introspection pseudo-littéraire à 2 sous, puisque malgré ce constat, je vais poussivement transpirer quelques rapports liquides dans le pauvre style qui est le mien (histoire de rassurer mes 12 lecteurs dépressifs et les 4 autres qui n'ont pas d'amis).

Une année 2015 que j'espère aussi "riche" que la précédente... du moins dans sa diversité et le nombre de vins goûtés (plus de 500 à la grosse louche).

Et c'est un vin du Roussillon qui ouvre l'année !!

Trigone 10 (IGP Côtes Catalanes, by Le Soula du duo Standley-Gauby), cuvée coup de coeur découverte chez un ligérien, avait fini par me lasser sur les quilles suivantes (le vieux était d'accord aussi sur ce point). Un manque de "digestibilité" s'était fait ressentir au gré des quilles dégoupillées.

Puis Trigone 12 m'a réconcilié avec la chose. Un nez puissant, terreux, sanguin, presque rhodanien dans l'âme. Je retrouve la fraîcheur dont le 10 m'avait finalement privé. Si le "lardé-caillou humide" habite le vin le midi, c'est l'épatante délicatesse et une gourmandise de haut niveau qui dominent le soir.

Sans parler de la superbe acidité et la finale typée "rancio-grenache" qui vous hante pendant des minutes. ***(*)

La deuxième victime de l'année est italienne. Nebbiollo 2008 d'Alessandria Silvio, sur l'appellation des Langhe, rapporté d'un séjour dans le Piémont en 2011.

Moi qui me fous (en général) royalement de la robe des vins, je ne peux ignorer celle-ci, à l'évolution notable, quand le nez distille épices, sang et larmes fin bois.

Là encore, la fraîcheur et l'acidité conjuguées donnent de la fougue à une matière plus juvénile que les apparences. Une "rafle" marquée, élégante, un lacté étonnant, un vin presque bordelais dans l'esprit, à la finale très anisée. Une réussite !! ***/***(*)

Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

Première bulle de l'année avec un Crémant d'Alsace - Brut Nature de Sylvie Spielmann. On retrouve sans peine, au nez, le côté "nature", pour une fois pas usurpé, figurant sur l'étiquette.

Un nez "fermentaire", de "peu protégé", à la poire discrète, aux bulles nerveuses, voire brouillonnes. Le côté "anar" des bulles est moins évident sous le palais. Elles sont plutôt fines, quand la matière s'exprime sur un registre "quasi oxydatif", volumineux, mais un poil brouillon au global !! Expression trop courte au final, dommage. **

Direction la Loire, avec Les Cabotines 2013 de Ludovic Chanson - Montlouis/Loire.

La craie et le miel signent les premiers effluves, suivi de l'ananas en casaque jaune, talonné par le caillou humide en casaque grise.

L'attaque est massive, ramassée, un poil "fermée", surtout tendre... peu mon kif en l'état.

Le lendemain, l'acidité montre enfin le bout de son pif, la poire domine l'ensemble, les amers sont enfin vivants, le vin bien plus ouvert que la veille. Pas la grande extase pour autant. **/**(*)

Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

Direction le sud, avec ce Côtes-du-Rhône 2011 de chez Charvin au nez surpuissant de fraise, à l'hémoglobine jaillissante.

Attaque rugbystique, puissante, ramassée, serrée, où l'on retrouve la fraise en monopole. L'ensemble est un poil court, au nez muet le soir venu, même si la gourmandise évidente demeure. **(*)/***

Back to Loire, avec Touche-Mitaine 2010 de Xavier Weisskopf (Le Rocher des Violettes -Montlouis/Loire), cuvée que j'adore, exhalant un crayeux marqué sur un profil quasi bourguignon sur le reste des caractéristiques olfactives.

Une mise en bouche souple, pleine, ample et tonique, aux agrumes tonitruants. Un vin tout en puissance ménagée, à la finale très finement oxydative, salivante comme un escargot dans du sel du vinaigre et de l'eau... ***(*)

J'en avais encore 2 à passer sur le grill, mais ils figureront sur l'opus XXXV du florilège... si j'ai le courage !!

Pour rappel, la notation et son glossaire :

0 : loin de moi cette daube !!

* : bof, t'as rien d'autre à boire...

**/**(*) : moyen à pas mal, c'est bien parce que j'ai soif et que je veux pas te laisser boire seul(e)!!

***/***(*) : bon à très bon, c'est pas que j'ai soif, mais tu peux me resservir pendant qu'il en reste!!

**** : excellent, j'adore, que personne n'approche de cette bouteille !!

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C'est des rhums...

18 Janvier 2015, 16:17pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Derrière cet (hilarant) jeu de mots d'élèves ingénieurs en informatique (je suis déjà l'auteur de "Oui ski du monde", et "Oui ski du monde II", tous 2 déposés à l'INPI), se cachent les premiers pas vers un nouveau monde pour moi : le rhum.

Une dégustation organisée par le taulier de L'Ampélographe à Auray.

Si j'ai déjà mixé des "rons", dans un passé très lointain, avec toutes sortes d'additifs pour mieux les vomir 03h00 après, je n'ai pas eu la même "curiosité analytique" envers ces derniers que celle déployée pour les whiskeys .

Tardive séance d'initiation, qui démarre avec les explications détaillées de notre MC (Master of Ceremony, plus communément appelé Michaël, par les soiffardes m'entourant) sur le process de fabrication du rhum.

Crédit www.mimagnier.fr

Crédit www.mimagnier.fr

Je vous la fais courte (et puis j'ai quitté l'école il y a trop longtemps) : tu prends de la canne à sucre, tu attends que la fleur apparaisse (c'est signe que la plante est au top de son taux de glycémie)... et "crack" (en vrai ça doit faire "kkrrr-scroutch-kkrak-rhhhrtrak", mais j'imite très mal la canne à sucre qu'on coupe), tu coupes entre la racine et la fleur.

A ce moment-là, la plante crie la formule suivante : "yo ka koupé pyé an-mwen, yo ka koupé tèt an-mwen, yo ka krazé zo an-mwen pou bwè san an-mwen"...

Ce qui grosso-merdo veut dire : "ils me coupent la tête, ils me coupent les pieds, ils m'écrasent les os pour boire mon sang"...

On sépare donc le jus de la bagasse (paille). On rajoute des levures dans le jus pour démarrer la fermentation alcoolique (transformation des sucres en alcool).

On obtient ainsi un "vin de canne" (vesou) au bout de 24 à 48h00 qui titre pas de quoi te démonter la tronche un peu moins qu'une binouze angevine.

Source www.rhumaocmartinique.com

Source www.rhumaocmartinique.com

Et là, zou, direction l'alambic (plus souvent une colonne de distillation), où on va séparer les composés lourds des légers et condenser l'alcool sur un réfrigérant.

A cette étape, notre futur rhum titre 70 à 80°... ce qui est un peu trop Fort-de-France en Martinique (rires, applaudissements, rideau).

L'étape de distillation est cruciale pour le devenir du rhum.

A partir de cette étape, on laisse le pépère se reposer 3 mois avant de le diluer (à l'eau de source ou déminéralisée) pour ramener son titre autour de 40°... et pouvoir l'avaler sans niquer son oesophage !!

Puis on termine le cycle de production par un élevage en foudres ou tonneaux d'origines diverses (le plus souvent du chêne ricain).

Ce process vaut pour les rhums dits agricoles. La majorité des rhums commercialisés étant issus de mélasses (résidus de process de fabrication du sucre), il suivent le même procédé à partir de la fermentation alcoolique.

De plus, tous les fabricants ont le droit de rajouter un nombre conséquent d'intrants, comme du caramel, du sucre, de la vanille, cannelle... ce dont beaucoup ne se privent pas !!

C'est des rhums...C'est des rhums...
C'est des rhums...C'est des rhums...

Sept rhums au programme ce soir, dont 2 agricoles. Tous sont dégustés à l'aveugle.

  • Une jolie robe ambrée pour ce premier breuvage, au nez malté, à l'alcool un poil dominant, mêlant bois et épices. L'attaque est immédiatement puissante, très vanillée, ronde, exhalant des notes marquées de terre humide. C'est pas sucré pour un rond, c'est bon. Il s'agit de Santa Teresa 1796 (titrant 40 volts), rhum de mélasse vénézuélien issu d'une solera (système de vieillissement où l'on remplace par de jeunes rhums les volumes de vieux rhums soutirés) contenant des eaux-de-vie pouvant aller jusqu'à 35 ans. ***
  • Une robe plus sombre que le premier échantillon, aux notes de sucre candy, figue et caramel prononcées. L'amaretto finit par dominer les débats olfactifs. L'attaque est un poil "aqueuse", très caramélisée, moins fine et complexe que son prédécesseur. Une finale sur l'amande amère, simpliste, pour ce "best seller" de mélasse, originaire de Trinidad et Tobago, plus connu sous le sobriquet de Kraken Black Spiced. En fait c'est un "rhum arrangé" à base d'épices... pas ma canne came !! *(*)
  • Toujours cette robe ambrée, au nez fougueux de figue, d'épices intenses et de caramel prononcés, à la complexité plus évidente. Cette dernière se confirme en bouche, où puissance et finesse (ti)punchent harmonieusement sur un fil d'épices savamment dosées. L'ensemble est très salivant, à la longueur modèle. J'ai beaucoup aimé ce Ron Gran Reserva Zacapa, mélasse du Guatemala issue d'une solera de 6 à 23 ans (mêlant des rhums issus successivement de fûts de bourbon, xérès et Pedro Ximinez). ***/***(*)
  • Nous sortons des standards visuels et ambrés croisés jusqu'à maintenant, avec un rhum à la parure très claire, aux reflets verts. Un premier nez simple, très "whisky dans l'esprit" (on a les référentiels que l'on peut), qui "mute" à chaque reniflage, où végétal, malt, cendres de cheminée, menthe se télescopent agréablement. L'attaque est d'une fraîcheur inouïe, très élégante, au végétal fin, à la suavité érotique, aux saveurs intenses de thé, à la finesse superlative. J'ai adoré ce premier Rhum vieux agricole, de Marie-Galante, 3 ans de Père Labat ***(*)
C'est des rhums...C'est des rhums...C'est des rhums...
  • Antépenultième liqueur au nez "classique", éthéré puis enfin "prégnant" mais un poil monocorde. Une expression acidulée plaisante, mais une vanille outrancière vient gâcher la fête. Les jolies saveurs "minérales" de caillou humide peinent à rattraper mon avis très indécis sur la chose. Je ne sais si j'aime ou pas ce Ron Master Reserve 21 anos Zafra mélasse du Panama. **/**(*)

  • Le nez le plus "profond" de la série, qui vous fait presque regretter de ne pas être aussi bien équipé qu'un tamanoir. La déception qui suit est grande. La bouche est une véritable pâtisserie-viennoiserie liquide, hélas trop lourde à mon goût. Le Ron Centenario - Seleccion Premium - Sistema Solera 20 anos est une mélasse du Costa-Rica peu adaptée à mon palais. **

  • Dernier candidat, au nez de cannelle, au végétal bondissant, à l'expression vanillée marquée en bouche, à la longueur kilométrique... qui souffre hélas de ma fatigue buccale pour être pleinement apprécié. C'était le second rhum agricole (constance de la présence des notes dites "végétales") de la série, à savoir Rhum Vieux Agricole - Saphir - La Mauny composé de rhums de 8 à 15 ans originaires de La Martinique. **(*)/***
C'est des rhums...

Une initiation intense, très variée, fatigante, difficile à gérer quand, comme moi, on est toujours en mode "mormon" en dégustation (je crache tout ce que je goûte).

Si pour le whisky j'ai trouvé rapidement un mode de dégustation qui me permet d'affronter la maréchaussée sans frémir, j'ai eu du mal à trouver une technique probante et immédiate pour le rhum.

Comme indiqué par notre caviste-guide, 2 options s'offrent à nous :

  • Soit avaler de très fines gorgées.
  • Soit laisser en "stationnement prolongé" de grandes gorgées du liquide, puis recracher...

Une troisième option consistant à avaler une gorgée homéopathique, puis à "s'imprégner" en recrachant les suivantes... technique mise en oeuvre ce soir-là !!

Pour les tarifs, le rhum exige un portefeuille plutôt bien garni, comme beaucoup de spiritueux de QUALITE (vous trouverez aisément des mélasses de merde de vrac à 10 ou 12 €).

Les exemplaires "scannés" ce jour-là s'achètent entre 40 et plus de 140 € !!

Très content d'avoir pu offrir à mes badigoinces cette expérience sucrière, qui ne fera pas la fortune de ma dentiste.

J'y ai juste effleuré la richesse et la diversité d'un monde complexe qui demande, je pense, beaucoup de temps pour percer tous les mystères auréolant ces nectars.

Une dégustation qui permet de mieux cerner la fascination qu'exerce le rhum auprès des passionnés...

Si vous êtes néophyte comme moi, un seul conseil : allez chez votre caviste !!!

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L'Annexe à Vannes

15 Janvier 2015, 22:44pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Heureux de vous retrouver, pour la 8ème année consécutive, au sein de ce foutoir oeno-gastro-pédestre-mais-pas-trop.

Une année 2015 qui commence comme une gueule de bois trop longue... mais foin de larmoyante prose d'un Ghandi discount du clavier, alimentant le cairn mondial des indignations et des formules archi convenues.

Escapades va continuer à vous saturer les pupilles, entre 2 bouteilles bouchonnées et 3 poissons trop cuits, de photos floues, de textes poussifs agrémentés de vaines tentatives d'humour.

L'Annexe à Vannes

Retour en BzH, après 1 année francilienne, pour découvrir la nouveauté de l'automne 2014 à Vannes.

Source le Télégramme

Source le Télégramme

L'Annexe fut (dans le désordre) une pizzeria, un resto marocain, avant d'être repris en octobre dernier par le duo ci-dessus.

A ma droite, Elise Rollet, ex-Roscanvec (Vannes), Ex-Agapa (Perros-Guirrec) au service.

A ma gauche, David Kiburse, ex-Roscanvec (en tant que second, décrochant une étoile en 2014) au piano.

Une "joint-venture" aux aspirations bistrotières prometteuses, vu les parcours, qui a l'honneur d'ouvrir ma saison 2015 à table.

Un mercredi soir de janvier. Il pleut. La salle, à la trentaine de couverts, est vide. La déco dans les tons actuels, plutôt lumineuse, passe-partout.

L'Annexe à Vannes

La Miss a "grouponné" une formule mettant le "Menu Plaisir" à 25 € au lieu de 35 €.

L'accueil est archi souriant... me faisant quasiment passer pour un Droppy sous Prozac (je me défends pas mal en sourire normalement, mais là, je suis battu par K.O).

Mises en bouche / Kasha / St-Jacques-carottes-gingembre-CitronnelleMises en bouche / Kasha / St-Jacques-carottes-gingembre-CitronnelleMises en bouche / Kasha / St-Jacques-carottes-gingembre-Citronnelle

Mises en bouche / Kasha / St-Jacques-carottes-gingembre-Citronnelle

Agréables mises en bouche sur bases fromagères, dont une sympathique de cervelle de canut.

"La mousse de sarrasin torréfié" ou "kasha" est une surprenante et puissante pré-entrée, très bretonne dans l'esprit.

L'entrée est généreuse, les St-Jacques (un poil chétives) sur le fil en terme de cuisson, impeccablement saisies. Sous l'écume de carottes se cache une purée hyper onctueuse, très "hivernale-je-veux-du-moelleux-qui-tient-chaud-on-est-bien".

St-Pierre-Epinards-Bouillon noisette - Quasi de veau-Racines-ChâtaignesSt-Pierre-Epinards-Bouillon noisette - Quasi de veau-Racines-Châtaignes

St-Pierre-Epinards-Bouillon noisette - Quasi de veau-Racines-Châtaignes

J'ai opté... pour le veau !! Si, si, ne vous moquez pas, je n'ai pas pris le poisson... pour une fois !!

Bien m'en a pris, car je n'aurais pu passer sous silence les 4,4 secondes de "sur-cuisson" constatée sur les (rares) bouchées volées à La Miss.

Pour le quasi, c'est un sans-faute !! Rosé comme demandé, moelleux et charnu en même temps, avec du goût... pour ceux qui serinent que le veau n'en a pas !!

Les châtaignes font à nouveau écho au volet "hivernal-je-veux-du-moelleux-qui-tient-chaud-on-est-bien" de l'entrée.

On pourra se plaindre de l'inusable tendance des racines et autres végétaux, souvent exotiques, parsemant les assiettes. David Kiburse n'en abuse pas, heureusement...

Crémeux citron-Meringue-Kalamansi - Baba-Ananas-Granité MojitoCrémeux citron-Meringue-Kalamansi - Baba-Ananas-Granité Mojito

Crémeux citron-Meringue-Kalamansi - Baba-Ananas-Granité Mojito

Un crémeux à ne pas mettre entre tous les palais, vu l'acidité très élevée. Perso j'adore, mais méfiance si vous sortez d'un détartrage !!

Le baba-Mojito est un concept qui tient plutôt la route, malgré un taux de sucre trop élevé pour ma pomme.

Service dynamique, à la banane permanente... c'est qu'elle finirait par m'énerver à sourire tout le temps celle-là, non mais oh !! Ils sont où nos serveurs tristes qui tirent des tronches à faire pleurer des clowns ?!!

Blague à part, ça fait plutôt vraiment du bien de voir un service aussi "éclairé".

Une carte des vins gentille (alimentée par Au Nom du Vin à St-Avé), qui ne fera pas courir nus dans les rues les alcooliques accrocs à la chose, mais aux tarifs humains.

Côté assiette, aucun doute sur la vigilance et le soin apportés aux produits intelligemment mis en oeuvre par David Kiburse et son équipe.

Au global, une jolie cuisine généreuse, plus proche de la définition (éculée) d'une certaine "bistronomie" que celle revendiquée de bistrot...

Un solide rapport qualité/prix*, que l'on peut mettre en perspective sur la formule déjeuner, qui met la séquence entrée-plat-dessert à 19 € !!

Une Annexe qui peut rivaliser sans risques avec quelques jolis voiliers du coin...

A ce tarif, c'est sûrement un des meilleurs plans actuels de la ville

* Sauf sur le café, au tarif un poil trop corsé à mon goût (4€) !!
L'Annexe

18 rue Emile Burgault
56000 Vannes

Tél : 02 97 42 58 85
Fermé dimanche et lundi




 

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Les Escapalmes d'Or® 2014

27 Décembre 2014, 08:21am

Publié par Docadn

Bonjour,

Une 5ème édition "chamboulée" par un calendrier aussi serré qu'une tenue SM d'une partie fine lilloise.

Les Escapalmes d'Or ayant pour habitude (de vieux) de sortir après les Vindics d'Or, que cette grosse feignasse d'Antonin n'a pas voulu se fader cette année, annulés cette année pour d'obscures raisons éditoriales, votre serviteur a longuement hésité avant de vous livrer ce 5ème palmarès (tout en participant aux prolongations du Calendrier de l'Avin d'Eva).

Et vu que votre gribouilleur n'a pondu que 33 fois cette année, il s'est dit que 34 c'est mieux que le nombre de bougies soufflées par le crucifié le plus célèbre du monde.

La nappe n'a pas changé... une photo que je vous promets en mode sépia l'an prochain si ce blog existe encore...

La nappe n'a pas changé... une photo que je vous promets en mode sépia l'an prochain si ce blog existe encore...

Aussi, sans attendre, voici pour toi lecteur-lectrice qui transpire des mains et d'ailleurs, le verdict le plus attendu de la gloumiamblogosphère qui ne compte pas !!

"L'Escapalme d'Or 2014 de la meilleure dégustation rennaise de pinards de Jura-Savoie en pleine épidémie de gastro qui commence par du Selosse, tout en dévorant la cuisine de Maïté Ligeron" est attribuée conjointement à "Nanard La Rocaille" et "Martin, dit genou de cristal" pour leurs implications permanentes à organiser et faire vivre un cercle ligéro-mayenno-breton de dégustations pour amateurs jamais repus.

Bravo et merci de vous démener ainsi pour réunir des amateurs trop fainéants pour en faire de même !!

Des bouteilles alignées sur une table, dont une couchée...

Des bouteilles alignées sur une table, dont une couchée...

"L'Escapalme d'Or 2014 du meilleur déjeuner dans une ancienne poste du fief de Rachida Dati pour lequel je vais faire trempette dans la Seine s'il ne chope pas un macaron au Gros Rouge en 2015, où la carte des vins peut donner une demi-molle à tous les Jull buveurs d'étiquettes de pinot-chardo" est attribuée au "Restaurant Les Climats" à Paris.

Une assiette blanche avec du poisson orange, des bouts de légumes et du caca de Shrek très bon

Une assiette blanche avec du poisson orange, des bouts de légumes et du caca de Shrek très bon

"L'Escapalme d'Or 2014 du vin que je n'achèterai jamais, mais qui m'espande à chaque fois que je le goûte, que c'est même fait avec du gamay teinturier, que je te défie de placer ce dernier dans un débat sur la bonne gestion des secours et de la logistique dans la lutte contre le virus Ebola" est attribuée à Strawberry Fields 12 de La Ferme du Mont Benault.

Une photo floue d'une étiquette typique d'un vin moyennement traditionnel

Une photo floue d'une étiquette typique d'un vin moyennement traditionnel

"L'Escapalme d'Or 2014 du pif que tu ouvres n'importe quand, qui n'est jamais, mais jamais, en-dessous de "super bon, j'adore, mets-moi en 10 bouteilles, merde il t'en reste que 3, tant pis je prends tout, mais comment je vais faire après, ok, je vais passer au domaine quand je serai dans le coin, mais je suis poli, donc je prends rendez-vous, mais pourquoi il ne me répond pas, tant pis, je passe pas chez les gens sans prévenir, bon t'es sûr il t'en reste pas une en réserve..." est attribuée à Le Claux 2010 - AOP Côtes-du-Rhône - La Roche Buissière

Une autre photo floue, mais avec une étiquette moins rigolote...

Une autre photo floue, mais avec une étiquette moins rigolote...

"L'Escapalme d'Or 2014 du resto nordique avec ses tables en bois, ses barbus anorexiques, ses plats tous fumés au chêne du Tronçais, ses intitulés télégraphiques, ses légumes qui ne poussent que sur La Terre du Milieu, qui te fait enfin comprendre d'où vient ce putain de cahier des charges à la con d'éligibilité au Fooding qui t'emmerde autant, même si on y parle le danois" est attribuée au Restaurant Radio à Copenhague.

On dirait du russe, alors que c'est juste écrit à l'envers...

On dirait du russe, alors que c'est juste écrit à l'envers...

"L'Escapalme d'Or 2014 du resto parigot auquel tu crois moyennement vu le buzz anormalement élevé dû soit à un(e) AP efficace, soit à une cuisine qui tient la route, dans lequel tu vas après la bataille sans réserver, dont la déco n'est pas faite de meubles Emmaüs chinés amoureusement montés à l'arrache pour faire comme au Verre Volé, au service qui ne dure pas des plombes, sans pinards qui sentent l'entrejambe de rugbyman après un match" est attribuée à Playtime à Paris.

Tables pas encore occupées

Tables pas encore occupées

"L'Escapalme d'Or 2014 du meilleur vin blanc du sud que tu ne peux pas dénigrer comme tous les autres, même si tu es un Amateur et que tu sais que les blancs du sud c'est de la crotte de coccinelle myopathe, que c'est pour les blaireaux, mais là, tu bois et tu fermes ta gueule... même entre les gorgées" est attribuée à Imalaya 2010 - Domaine Le Roc des Anges - Côtes du Roussillon

Une étiquette d'un vin blanc du sud

Une étiquette d'un vin blanc du sud

"L'Escapalme d'Or 2014 du resto qui aurait pu être super bien si le gars il avait pas voulu faire 3 plats en un, alors qu'un plat dans une assiette c'est bien aussi, comme son poulpe en solo par exemple, que c'est super dommage, qu'il gagnerait aussi à bouffer 2-3 clowns et un bras valide de Jamel Debbouze tous les matins sourire un peu en passant" est attribuée à Youpi et Voilà à Paris.

Où est Charlie ?!

Où est Charlie ?!

"L'Escapalme d'Or 2014 pas attribuée à un resto parigot, vu que j'y étais toute l'année, que du coup les restos ailleurs ne m'ont pas beaucoup vu, mais qu'on peut quand même 29 mois après découvrir le meilleur bistrot d'un étoilé à la sortie de l'Echonova" est attribuée à Le Bistr'Aurélia à Vannes.

Poisson mort et pas flou

Poisson mort et pas flou

"L'Escapalme d'Or 2014 du resto où tu n'amèneras JAMAIS une fille pour tenter de la séduire, sous peine de la voir t'ignorer tout le repas à cause de l'énervante supériorité physico-culinaire du chef" est attribuée à Rossi & Co à Paris.

Cuisinier flou... et énervant !!

Cuisinier flou... et énervant !!

"L'Escapalme d'Or 2014 des meilleurs poissons, de la meilleure St-Jacques, des meilleurs tout ce qui sort de la mer préparés par un japonais qui bosse en solo dans un T2 de Hobbit, avec toi dedans, pour te servir des baffes maritimes hallucinantes, que même si tu es une sirène ou un crustacé en phase terminale tu rêverais de finir tes jours sur sa plancha" est attribuée à Akihiro Horikoshi pour "La table d'Aki" à Paris.

Carte des vins floue sur table mal éclairée...

Carte des vins floue sur table mal éclairée...

"L'Escapalme d'Or 2014 du meilleur accueil vigneron de Rablay-sur-Layon, que je ne peux filer à Mélaric vu qu'ils n'y habitent pas, qui parle, fait et boit du vin comme un Pierre Rabhi local, que si tu dis rien, tu peux passer 3 jours dans le chai à dégoupiller des trucs insensés en digressant sur la meilleure façon d'assaisonner un pâté de ragondin stérilisé selon les principes de la cosmoculture, tout en fredonnant une impro de jazz manouche namibien sur une rythmique de fermentation malolactique " est attribuée à Richard Leroy vigneron-vinosophe.

Vigneron flou en plein travail...

Vigneron flou en plein travail...

"L'Escapalme d'Or du caviste qui était toujours fermé quand je voulais y aller, qui s'est rendu compte sur le tard que sa sonnette était hors-service, car le mec tient aussi le resto d'à côté, qui vend et aime le romorantin un peu âgé qui donc à ce titre ne peut être ignoré par la Loire" est attribuée à Eddy Derré de La Cave à vin du Yachman à Lorient.

2 cavistes qui tiennent des bouteilles (source www.leyachtmanlorient.fr)

2 cavistes qui tiennent des bouteilles (source www.leyachtmanlorient.fr)

"L'Escapalme 2014 des meilleures plaques de choco produites par un belge élevé au rang de Stromae du cacao, d'Amélie Nothomb des nouveautés, de Stéphane De Groodt du bean to bar, du Plastic Bertrand du succès (ça plane pour lui tout, ça), mais hélas d'André Lamy de la ganache" est attribuée à Pierre Marcolini.

Tablettes de chocolat belge

Tablettes de chocolat belge

"L'Escapalme d'Or 2014 de la supercherie culinaire qui prend les hipsters et les autres pour des anorexiques patentés en servant des bouchées pseudos ibériques de 24 calories sans même prendre l'accent de Julio Iglesias, alors qu'à ce tarif je veux du Ricky Martin le fion sur la plancha avec des poulpes qui dansent autour" est attribuée à "Le Bat à Paris"

Mobilier anorexique

Mobilier anorexique

"L'Escapalme 2014 de médiathèque qui fait croire qu'on lit autre chose que les faits divers de Grouest-France ou du Télégros de Brest" est attribuée à "Le Diable tout le temps" de Donald Ray Pollock, stupéfiant et haletant roman d'une Amérique perdue dans ses moeurs dégénérées, le tout dépeint avec une écriture à vif !!

Un vrai petit chef-d'oeuvre pour le petit lecteur très irrégulier que je suis...

Un livre qu'il est bien !!

Un livre qu'il est bien !!

Ultime Escapalme d'Or 2014 de ce 5ème palmarès :

"L'Escapalme d'Or 2014 du disque (qui fête ses 3 ans) a la profondeur d'une poitrine de Marina Foïs, mais qui te met une patate matinale unique, que ça sert aussi à ça la zique, pas seulement à spleener des heures durant sur le sens de la vie et de pourquoi plus personne ne fait de crème brûlée maison au resto" est attribuée à The Wombats - Proudly Present, pour son album "This Modern Glitch".

Ainsi s'achève cette 5ème saison des Escapalmes. Les récipiendaires pourront retirer leurs trophées dans l'au-delà en présentant un flash code qu'ils recevront contre un chèque de 432 € à mon ordre.

A l'an prochain, si Paco Rabanne le veut bien...

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Calendrier de l’Avin : Jour 26

26 Décembre 2014, 05:10am

Publié par Docadn

Bonjour,

5ème saison du désormais traditionnel Calendrier de l'Avin, coaché par Eva-Oenos, désormais angevine à temps plein.

Calendrier de l’Avin : Jour 26

Cette année, mes dispersions internautiques m'ont valu un tardif ticket pour cause de non-réponse à l'appel d'offres lancé.

Peu importe, Noël est passé, mais la soif toujours pas !!

Pour cette 26 ème cartouche, partons pour Varrains dans le Maine-et-Loire qui, soit dit en passant, est quand même desservi par la ligne 2 d'Agglobus.

Nous sommes dans le Saumurois, où sévit depuis 2006 un certain Richard Desouche.

A la tête du P'tit Domaine, il "jardine" ses 2,5 ha (conduit en "mode bio"), sur Dampierre et Varrains.

Il exploite 2 terroirs connus sous les sobriquets de "Les Bonnevaux" et "Entre Deux Voyes" (tous deux en Saumur-Champigny).

Calendrier de l’Avin : Jour 26

Notre 26 ème chaussette est consacrée à sa cuvée "générique" sur le millésime 2010.

Autant dire que cette dernière a totalement planté mon détecteur de poivron !!

Un joli jus de cab' franc gourmand, sans aspérités, à la fraîcheur très agréable, sans boisé marqué, juste un poil court.

Les godets s'enchaînent sans peine. C'est juste mûr, à l'acidité impeccable, au fruité net, à la finale joliment crayeuse.

Votre serviteur, peu porté sur le "vil cabernet franc", valide sans réserve cette cuvée !!

Ne reste plus qu'à goûter le reste de la production (un autre cab' franc et un ch'nin), somme toute liliputienne au regard de la surface exploitée !!

C'était la 26ème chaussette du Calendrier de l'Avin 2014, à vous Angers !!

Le P'tit Domaine

Richard Desouche

75, Grand'Rue

49400 Varrains

Tél : 02 41 51 10 87

richard.desouche@wanadoo.fr

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Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon

13 Décembre 2014, 09:37am

Publié par Docadn

Bonjour,

Déjà la fin de l'année, et ses marronniers auxquels ce foutoir n'échappe guère plus que d'autres.

Qui dit décembre, dit "grosse table pour souffler les bougies de La Miss se bâfrer à grands frais".

Cette année direction la Vendée, pour découvrir la cuisine d'un chef peu médiatisé, mais au "cv solide sur le papier" .

Apprenti chez Lann aux début des années 80 (restaurant "Le Central" au Guilvinec), puis chez Thomas ("Le Manoir de la Comète", restaurant étoilé, à St-Sébastien-sur-Loire), il "monte à la capitale" pour un petit tour au Véfour, avant de suer successivement dans les 2 restaurants étoilés de Jean-Pierre Jacob (Le Bourget-du-Lac/Courchevel).

C'est dans le bi-étoilé alpin qu'il passe second de cuisine. Puis, il reprend son baluchon et ses couteaux en 1990, pour un petit Tour(nadre) chez Gill, à Rouen.

Les semelles à peine entamées, il achève son tour de France chez Jean-Marc Banzo (Aix-en-Provence), puis chez le bi-étoilé Gérard Clor ("L’Escale" à Carry-le-Rouet), en tant que chef au milieu des années 90.

Il ouvre enfin sa (première) table en 1996 ("l’Auberge Robinson aux Sables d'Olonne), puis s'installe à St-Sulpice le Verdon en 2004.

Il sera (pour la seconde fois) finaliste de l'édition 2015 du concours MOF à Dardilly (69) en février prochain.

Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon

Nous sommes au coeur du Logis de la Chabotterie.

Thierry Drapeau occupe une des ailes de l'ensemble historique.

La salle est aérée, aux grands volumes, avec une ambiance "terroir pas trop ringarde". En entrant, nous apercevons le chef à travers sa cuisine-aquarium.

L'accueil est dans le standing "grande maison de campagne".

Un verre d'irouléguy (Eztia) pour La Miss, un muscat 13 de Bott Frères pour ma pomme, avant d'attaquer le menu "balade d'ici et d'ailleurs" (85€).

Mises en boucheMises en boucheMises en boucheMises en bouche

Mises en bouche

C'est tout d'abord une batterie de mises en bouche qui débarquent. Il manque même le velouté de champignons sur les photos ci-dessus.

Le niveau est très élevé (désolé pour les dénominations, mais passé 3 explications je décroche).

Quand le "velouté-oeuf" apparaît, je pense sincèrement qu'il s'agit de la première entrée... mais non, c'est encore une mise en bouche !!

J'ai donc comptabilisé pas moins de 8 mises en bouche avant de voir enfin le premier plat inscrit sur le menu !!

St-Jacques et foie gras, condiment truffe et cerfeuil - gnocchi châtaigne, potiron et jambon de Vendée - Poisson petits bateaux du jour (bar) - Volaille, chou de Bruxelles et truffe St-Jacques et foie gras, condiment truffe et cerfeuil - gnocchi châtaigne, potiron et jambon de Vendée - Poisson petits bateaux du jour (bar) - Volaille, chou de Bruxelles et truffe St-Jacques et foie gras, condiment truffe et cerfeuil - gnocchi châtaigne, potiron et jambon de Vendée - Poisson petits bateaux du jour (bar) - Volaille, chou de Bruxelles et truffe St-Jacques et foie gras, condiment truffe et cerfeuil - gnocchi châtaigne, potiron et jambon de Vendée - Poisson petits bateaux du jour (bar) - Volaille, chou de Bruxelles et truffe

St-Jacques et foie gras, condiment truffe et cerfeuil - gnocchi châtaigne, potiron et jambon de Vendée - Poisson petits bateaux du jour (bar) - Volaille, chou de Bruxelles et truffe

La première entrée est d'un aérien et d'une fraîcheur splendides, quand la seconde nous replonge dans l'esprit des "veloutés de l'automne".

Le bar est forcément un poil au-dessus de mes critères de cuisson, mais magnifiquement accompagné par des crucifères que j'ai pour habitude de fuir.

La volaille est d'un classique confondant. Moelleuse, avec son petit jus un poil trop salé, mais parfaitement cuite.

Là encore, Thierry Drapeau arrive à me faire avaler un épatant chou de Bruxelles... horreur légumière qui n'avait pas franchi mes badigoinces depuis 4 décennies !!

Le rythme du service est bon, les portions plutôt généreuses... suffisamment pour commencer à s'inquiéter de tout ce qu'il reste encore à avaler !!

Chariot de fromages - Plaisirs sucrésChariot de fromages - Plaisirs sucrésChariot de fromages - Plaisirs sucrésChariot de fromages - Plaisirs sucrésChariot de fromages - Plaisirs sucrés

Chariot de fromages - Plaisirs sucrés

Un impressionnant plateau de fromages, épaulé par un chariot de pains (servis tout au long du dîner) de haute volée (les meilleurs croisés à ce jour dans un restaurant) !!

Un boulanger (à temps plein) fournit de splendides miches pour le restaurant et l'hôtel...

Un gâteau (spécialement conçu pour l'évènement) démoniaquement chocolaté, est offert en sus de tous les autres plaisirs sucrés !!

Nous sommes au bord de l'explosion ventrale !!

Nous nous voyons proposer des "douceurs pour terminer" (un plateau rempli de chocolats maison et autres confiseries), nous déclinons cette dernière.

D'autres tables ont "craqué" avant même la batterie des desserts. Certaines ont même demandé à emporter ces derniers.

NB : il s'agit du plus petit menu de la carte !!!

Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon

Côté "liquides", une très jolie carte des vins, aux coefficients plutôt musclés, avec suffisamment de références pour faire bander émoustiller les palais de buveurs d'étiquettes.

Un sommelier à l'écoute, disponible, échangeant très facilement entre 2 assiettes, qui m'a déniché ce fort joli 2010, tout en ayant l'élégance de l'ajuster au tarif de mon 1er choix plus disponible...

Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon
Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon

Mais notre calvaire n'est pas pour autant terminé !!

Nous rejoignons notre chambre "supérieure" (située à 400 m du restaurant), pour constater que nous avons eu de la visite pendant notre absence !!

Comme chez Régis Marcon, le staff de l'hôtel a préparé notre chambre... et s'est dit que nous aurions vraisemblablement encore un petit creux !!!

Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon

L'hôtel (ouvert en août 2013) semble calé au sein d'un mamelon terreux, comme semi-enterré.

Béton et bois habillent le bâtiment abritant une épicerie fine, un bar, la salle des petits-déjeuners, un agréable espace détente (sauna, jacuzzi), plus une dizaine de chambres.

Une réussite architecturale, dont le confort, les services et l'attention valent les 4* et le statut de Relais & Châteaux.

Une (excellente) nuit passée sur le dos, avant de parachever notre séjour par "l'expérience petit-déjeuner".

Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon
Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon

Un véritable "brunch" en 3 services, fait minute, délicieux, frais, forcément local... très généreux, n'en jetez plus, le bide est plein !!!

En conclusion, Thierry Drapeau parvient à transfigurer une "cuisine terroiriste" dans des assiettes épurées (que mes photos trahissent largement), comme des petits tableaux aux couleurs joyeuses, bourrées de saveurs, mais dont il peine à sauvegarder une juste satiété...

C'est ce qui pourra gâcher un poil la fête, quand comme moi, on ne peut laisser des assiettes inachevées repartir en cuisine...

Pour la partie hôtel, la très baudelairienne formule "luxe, calme et volupté" sied à merveille à ce lieu après un marathon "gargantronomique"...

Hôtel-restaurant Thierry Drapeau

Logis de La Chabotterie

85260 Saint-Sulpice le Verdon

www.restaurant-thierrydrapeau.com

Restaurant : 02 51 09 59 31.

Hôtel : 02 51 40 00 03

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Balade ligérienne acte II : Domaine Mélaric, Les Verchers sur Layon

21 Novembre 2014, 18:35pm

Publié par Docadn

Suite et fin de la balade ligérienne.

Après Richard Leroy à Rablay sur Layon, nous remontons le cours de la rivière pour une "révision" au Domaine Mélaric sis à Les Verchers sur Layon.

J'avais rendu visite à Aymeric Hillaire et Mélanie Cunin l'année précédente, pour une jolie séance "terrain-cave" brillamment animée par Aymeric.

A la fin, ce dernier nous avait invité à revenir dans son "futur chai", histoire de "décrypter les jus fermentés en gestation dans la typicité des parcelles exploitées", soit grosso-vino "une dégustation sur fûts et goûtage des parcellaires" !!

Toujours privés de notre "Jamel limousin" (qui avait rencontré l'amour au détour d'une galerie marchande, lors de notre périple précédent chez les Mélaric, ndlr), nous retrouvons avec un peu de mal notre petite barrique de Rochecorbon, paumée avec sa roumaine de charrette dans la campagne angevino-saumuroise...

Balade ligérienne acte II : Domaine Mélaric, Les Verchers sur Layon

Nous avons déjà démarré les hostilités, quand notre hipster à gilet albanais arrive enfin...

Nous démarrons par les blancs, tous encore en fûts.

Fontenelles 13 : représentant 90 ares, cette parcelle voit son jus élevé en barriques. Une puissante acidité jaillit d'emblée, adossée à un jus pas moins tonitruant. Très fruité, aux accents "Granny Smith" marqués. A ne pas mettre dans toutes les cavités buccales. ***

Le Fossé 2013 (surnommé localement "le Poyeux D'Argentré", d'une surface de 1,4 ha) offre un jus exotique, immédiatement gourmand, aux amers puissants, à la longueur splendide, extatique. ***(*)

Saumur - Billes de Roche 13 (fond de quille tirée du fût, sol limon-argile) : nez de compote de poire, bouche hyper fruitée, un poil serrée, s'ouvrant à l'aération (étonnant pour un fond de quille diront les trolls plus suspicieux), prenant une rondeur (non Jull, pas toi, le vin) moins excitante. **/**(*)

Saumur - Clos de la Cerisaie 13 (issu de la parcelle dite "les fruitiers", composée de vignes de 45 ans) : jus "souple", à la matière très mûre, à l'acidité quasi mordante, rééquilibrant justement l'ensemble. **(*)/***

Saumur - Clos de la Cerisaie 13 (parcelle dite des "13 rangs") : un jus marqué par un sucré et des amers soutenus. Pas trop ma came en l'état. **

Balade ligérienne acte II : Domaine Mélaric, Les Verchers sur Layon

Et vlà ti pas que notre Vedel nous dégaine son Compte Marc 13 - Vouvray (mise du 21/06/14, soit quelques heures auparavant, si mon stylo n'a pas fourché !!) : nez un poil fermé, dont la matière, aux allures glycérinées, se fait gifler en chemin par une salvatrice acidité aux aguets... **(*)/***

Balade ligérienne acte II : Domaine Mélaric, Les Verchers sur Layon

Aymeric poursuit le pipetage au gré des barriques et des cuvées...

Saumur - Billes de Roche 12 : bouche compacte, nerveuse, pour ce lot suspecté de flaveurs de "goût de souris" dont les vignerons traquent les origines et redoutent la présence plus ou moins temporaire (plutôt moins que plus !!). Seuls les palais (très) habitués semblent déceler rapidement ce défaut... NN

Saumur - Clos de la Cerisaie 12 (en 3 services barriques) : nez droit, net, frais, un poil rondouillard, mais fort bon. ***

Saumur - Clos de la Cerisaie 12 (barrique Taransaud) : boisé marqué, matière d'abord caressante, puis rapidement vive, très salivante, aux amers précis. ***/***(*)

Saumur - Clos de la Cerisaie 11 : nez de terre humide, matière complète, un poil rondouillarde, surtout derrière le dernier Cerisaie 12 étonnamment tendu. **(*)

Balade ligérienne acte II : Domaine Mélaric, Les Verchers sur Layon

Au tour des rouges !!

Saumur Puy-Notre-Dame - Billes de Roche 13 (parcelle de 40 ares, malo non faite) : un jus frais, à la framboise extravagante, asséchant en finale, mais qui "gloute" déjà fort bien. ***

Saumur Puy-Notre-Dame - Clos de la Cerisaie 13 : matière joliment poivrée, qui "gamayte" par moments. Là encore, ça "gloute" bon, ça glisse terriblement. ***/***(*)

Aymeric commente chaque lot par le travail effectué à la vigne. Il a coeur de projeter au mieux, en cave, tout le travail et toutes les observations faites sur le terrain.

Il avoue avoir vraiment "senti" le changement dû au "travail des sols" depuis 2012...

Saumur Puy-Notre-Dame - Billes de Roche 12 (parcelle dite de "La Goutte") : nez et bouche archétypiques du cab' franc. Déjà pas mal en place, même si je ne cours pas après cette typicité. **/**(*)

Saumur Puy-Notre-Dame - Clos de la Cerisaie 12 : matière très fruitée, mais déjà plus austère, au potentiel tout de même assez prometteur. **(*)/***

Saumur Puy-Notre-Dame - Billes de Roche 11 : un poil "tendre-molasson", crayeux, qui gloute encore aisément. ***

Saumur Puy-Notre-Dame - Clos de la Cerisaie 11 (2 ans et demi de barrique) : attaque plus élégante que BDR 11, crayeux encore plus appuyé, au poivre noir final puissant, équilibré, très beau. ***/***(*)

Nous quittons les fûts pour les bouteilles.

Saumur Puy-Notre-Dame - Billes de Roche 11 (presse - barrique du Clos Rougeard) : net, serré, très salivant. ***

Saumur Puy-Notre-Dame - Clos de la Cerisaie 10 : d'une finesse immédiate, à la généreuse gourmandise. ***/***(*)

Saumur Puy-Notre-Dame - Cerisaie 09 : matière très mûre, à l'amertume pointue. Pas super sexy en l'état. **

Pour finir, Aymeric nous propose son premier et dernier "non sec".

Coteaux de Saumur - liquoreux de la Cerisaie 13 : fine acidité, à la fluidité modèle. ***

Coteaux de Saumur - liquoreux de la Cerisaie 11 : nez flétri, au rancio prononcé, un délice sans limites, à la finale de figue et de café interminable. ***(*)/****

Saison après saison, vendanges et millésimes se succédant, Mélaric assimile la richesse et la diversité de ses terroirs et les vins qui y naissent, avant de s'épanouir.

Le travail des sols, l'observation des "résurrections végétales" qui en découlent, le tout drivé avec un pragmatisme d'une intelligence rare, dénué de dogmes et autres dérives gustatives, que l'on observe hélas parfois, issus d'un "non-interventionnisme appliqué", même quand "la nature" est malveillante avec la vigne.

C'est les lèvres bien hydratées que nous quittons les lieux, non sans avoir fait quelques courses pour soi et un caviste lui aussi "accroc" du domaine...

PS : il est toujours amusant de lire les impressions comparées, avec certaines cuvées déjà goûtées l'an dernier, lisibles ICI.
Balade ligérienne acte II : Domaine Mélaric, Les Verchers sur Layon

Domaine Mélaric

25 rue du Château

49 700 Les Verchers sur Layon

Tél : 02 41 50 70 96 - 06 64 81 23 27

www.vins-melaric.com

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Balade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-Layon

9 Novembre 2014, 17:19pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Il est des rencontres, des moments, qui même 5 mois après, restent "vivaces comme si c'était hier"...

Un week-end entre Rablay-sur-Layon et Les Verchers sur la même rivière, pour voir ou revoir 2 vignerons ligériens passionnés et passionnants.

Nous sommes en juin dernier.

Le vieux nous fait une crise de goutte routard des chais est resté cloué en Limousin à cause d'une jamelisation d'une immobilisation spontanée de son bras, nous laissant le motard dégarni et aveugle Ifif et moi seuls rescapés pour rendre visite à Richard Leroy.

Balade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-LayonBalade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-Layon

Ce dernier est encore sur "Les Noëls de Montbenault" quand nous arrivons.

Nous y retournons, pour "essayer de comprendre" les caractéristiques et la force de ce "mamelon" dominant Rablay/Layon, considéré historiquement comme la meilleure "parcelle" locale.

C'est d'ailleurs sur les conseils des "anciens" que Richard Leroy avait acquis cette dernière, lors de son installation en 1996.

Il est devenu, depuis, une des références absolues des chenins angevins, en plus d'avoir été "croqué" par Davodeau et filmé par Bodin !!

Mais foin de digressions, Richard nous explique brillamment pourquoi il travaille en biodynamie, vulgarisant pour les ignorants que nous sommes, ce que cette dernière a apporté à ses vignes et ses raisins.

Sans le couper, nous serions encore aujourd'hui à décrypter la 11 657 ème feuille de vigne (morte depuis), le 114 879 ème morceau de rhyolite, ou la 134 683 ème motte de terre de la parcelle.

Richard Leroy exploite près de 3 ha sur Les Noëls de Montbenault (2 ha) et Les Rouliers (1 ha) en bas du coteau.

Balade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-Layon

Nous retournons au "chai-garage" pour les travaux pratiques.

Tous les vins de Richard Leroy sont élevés en barriques.

L'ayant rencontré en 2005 (dernière année où il produisit des liquoreux), il se posait beaucoup (trop ?!) de questions sur ces dernières.

Il en a testé une palanquée, avant de s'arrêter sur certains modèles dont la chauffe et la structure lui convenaient enfin !!

Et comme il n'y a pas de hasard, son fils vient de démarrer une formation de tonnelier.

Balade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-Layon

Tous les vins de Richard Leroy sont produits en "vin de France" depuis 2008.

Quelques notes prises à la volée, dont la précision reste proportionnelle à mon stylo parkinsonien et à ma mémoire très souvent défaillante.

Les Rouliers 2013 (Barrique Damy) : net, droit, à la poire extravagante, aux amers splendides. Ca démarre fort. ***/***(*)

Les Rouliers 2013 (Barrique Chassin) : plus souple que son prédécesseur, à l'acidité plus marquée, à la malo "en cours" très marquée, à la réduction peu flatteuse. **/**(*)

Les Noëls de Montbenault 2013 (Barrique 1) : volumineux, au peps puissant, long, large, non dénué d'une étonnante souplesse au vu de sa puissance. **(*)

Les Noëls de Montbenault 2013 (Barrique 2) : attaque et amers puissants, finale très salivante. ***

Les Noëls de Montbenault 2013 (Barrique 3) : réduction notable, ensemble fruité, délicat, salivant, à l'acidité tonique, aux amers sans fin. ***

Les Noëls de Montbenault 2013 (Barrique neuve) : plus fermé, moins volumineux que les 3 cousins précédents. **

Balade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-Layon

Richard Leroy commente non pas son vin, mais le monde du vin et ses paradoxes.

Il pose quelques bonnes questions. Notamment sur le nombre de vignerons qui "aiment" le vin.

Il ne parle pas de ceux qui "aiment faire du vin"... et qui ne boivent jamais celui des autres. Un peu comme un horloger qui fabrique ou répare des montres mais n'en porte jamais, ou qui ne s'intéresse pas au travail des autres (interprétation personnelle)...

Combien de vignerons fréquentent les cavistes ?!!

Peu, trop peu, selon ses "sondages" auprès des dealers fréquentés !!

Aussi, il échange plus volontiers avec des vignerons "amateurs de vin" au sens noble du terme !!

Voilà effectivement un détail qui ne m'a jamais effleuré le cortex !!

Nous poursuivons les TP.

Les Rouliers 2012 (mise en bouteille le 23/04/13- noeud lunaire) : d'une "tendreté" immédiate, un poil dissocié, à l'acidité tranchante au départ, pour retomber dans un "train de sénateur" subitement assoupi... **/**(*)

Les Noëls de Montbenault 2012 : monolithique, un poil fermé, aux amers marqués, sur le fil. **

Les Noëls de Montbenault 2011 : nez classique, bouche immédiatement suave, salivante, assez rondouillard... qui s'élance tout à coup, gagnant au fil des gorgées une certaine élégance (pas assez "ouvert"?!).**(*)

Les Noëls de Montbenault 2010 : nez de vernis, acétate, presque "jurassique" par moments. Attaque "mûre" mais tendue, puissante, aux amers nobles et vibrants. ***

Les Noëls de Montbenault 2005 : nez "local", bouche souple, ample, fluide, sans aspérités, finement poivrée, aux arômes tertiaires délicats, toujours debout (youpi, il m'en reste). ***/***(*)

Balade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-LayonBalade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-Layon

Mais notre vigneron est un insatiable "goûteur'.

Un vigneron qui aime le vin, les vins, tous les vins...

Si un certain Thomas Foubert (de passage au caveau ce jour) nous a offert un très joli Clos de la Carizière 12 (melon de Bourgogne) droit, net, fruité, pétri d'une élégance folle ***, Richard Leroy nous a aussi offert :

Saumur 2010 - Domaine du Collier : nez d'une finesse immédiate, miellé, délicat, matière à l'acidité poussée, équilibrée, tranchante, terriblement bien foutue. ***(*)

Nous concluons ce "marathon des caves" en 03H00 et des brouettes, écourtant, à regrets, cette passionnante séance pour cause d'un autre rendez-vous.

Oui, sachez-le, une rencontre avec Richard Leroy démarre à l'heure... mais se termine selon ses envies... rarement ténues !!

Si j'avais déjà passé une soirée (à table) avec le bonhomme, j'ai découvert, ce jour-là, un vigneron encore plus passionnant que ses vins.

C'est l'approche "vinosophique" et les réflexions permanentes animant notre barbu (à mi-temps) qui m'ont enchanté.

Des strates d'idées, d'expérimentations, d'observations dont on retrouve quelques fulgurances au détour d'une gorgée, d'une bouteille ou d'une discussion...

Encore merci MONSIEUR Leroy !!

Richard Leroy

52 Grande Rue, 

49750 Rablay-sur-Layon

02 41 78 51 84

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Restaurant AG à Paris 6ème

1 Novembre 2014, 14:06pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Une boulimie toujours très active en cette fin de séjour parisien.

Votre scribe maladroit se la joue Pudlo, avec cette toute nouvelle table face au marché St-Germain, en compagnie de la trop rare Louise, de nos expats Chrisos et Oanèse, notre maestro de la fourchette Alain, sans oublier mon alter et (pas trop) gros explorateur des curiosités pas forcément branchées : Mix !!

L'AG (pour Atelier Gastronomique, ou Alan Geaam du nom du proprio-restaurateur, déjà aux commandes de L'Auberge Nicolas Flamel et L'Autobus Impérial, à Paris aussi) a ouvert le 13 octobre dernier, en lieu et place du Bistrot de l'Alycastre.

C'est un certain Medi Ben (passé par Le Meurice, Les Crayères et le Pré Catelan) qui officie au piano.

Jolie salle à la déco très classique, discrète, aux hauts plafonds bordés de plâtres sculptés, mais catastrophique en terme d'acoustique quand des bourrins gueulent comme au PMU quand le canasson et le jockey ont perdu "clients à la voix qui porte" dînent ensemble.

Restaurant AG à Paris 6èmeRestaurant AG à Paris 6ème

Une formule tarifée à 40 € pour la séquence entrée-plat-dessert, adossée à une carte aux tarifs bistrotiers pas trop délirants vu le quartier et le standing visé.

Un verre de Drappier (champagne, offert par la maison), avant une mise en bouche de saison.

Espuma de châtaignes, cromesquis au foie gras - Raviole de veau/Butternut/PicklesEspuma de châtaignes, cromesquis au foie gras - Raviole de veau/Butternut/Pickles

Espuma de châtaignes, cromesquis au foie gras - Raviole de veau/Butternut/Pickles

Volaille/Comté/Champignons - Chocolat/PralinéVolaille/Comté/Champignons - Chocolat/Praliné

Volaille/Comté/Champignons - Chocolat/Praliné

Une entrée "comme chez les autres" (j'ai pensé à Richer pour le coup, ne cherchez pas, moi-même je ne sais pas), une volaille superbe de moelleux et d'équilibre (même si je cherchais un peu la place des champis dans le lot), quand le dessert était plus qu'honorable très correct.

J'ai goûté d'autres desserts dans les assiettes de mes voisins (sablé/Yuzu/meringue, mais aussi un pavlova sans fruits rouges assez pertinent, obtenu grâce à la perspicacité de notre barbu gourmand). Un niveau sucré costaud pour un bistrot.

Si je me plains souvent du moment casse-gueule du "dessert au restaurant", force est de constater qu'il y a un pâtissier derrière ces jolies réalisations.

Alan Geaam nous confirmera avoir effectivement "investi" sur un vrai pâtissier (qui ne "touche pas le salé") en la personne de Marius Dufay (passé par Ledoyen et Mandarin Oriental).

Service courtois (un poil longuet au départ), carte des vins courte, pas super sexy, avec un honorable Crozes-hermitage blanc 11 de chez Mucyn (37 €), quand le prix du verre de chablis générique de Fèvre (bu en guise d'apéritif), m'a carrément fait sursauter (10 €) !!

A noter, l'eau "maison" à 4€, gazéifiée sur place, servie à volonté...

En conclusion, une nouvelle adresse qui reprend tous les codes tendances en vigueur (légumes de saison, dénomination télégraphique des plats, présentations), avec quelques fulgurances notables, le tout en assurant une réelle cohérence gustative jusqu'aux desserts.

Restaurant AG

2 rue Clément

75006 Paris

Tél : 01 43 25 77 66

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